Alex Rossi, artiste, auteur, compositeur, parolier et so Italiano n’est pas vraiment le genre de personne qu’on imagine passer du temps derrière un écran. À l’image comme sur scène il dégage un je ne sais quoi du terroir et des belles choses  pourtant, à 101 Touches, on a voulu savoir quel rapport il entretenait avec le numérique et ce qu’il pensait de l’Internet.

Rossi, la classe
Rossi, la classe

101 : Alex, tu sors ton premier album en 98, à l’heure du passage au numérique en somme, l’explosion de lycos tout ça, les cd de découverte de l’internet encartés dans les magazines de toute sorte… Toi t’es équipé d’un ordi à l’époque ? Comment est ce que tu vois l’internet ?

Alex : Oui en 98, j’ai un ordi, un Packard Bell si je me souviens bien mais je vais très peu sur internet, je crois que j’ai même pas d’adresse email… De 98 jusqu’en 2001, je suis plus souvent dehors, je suis signé sur une major et je tourne pas mal dans toute la france ou j’enregistre en studio.

Dès que je vais « surfer » c’est pour aller voir des sites d’artistes, de groupes, tout tourne autour de la musique. Et puis l’ordi commence à choper une flopée de virus et se met à ramer, ramer. Bref, internet à l’époque, je me sens pas très concerné, je mate ça de loin.

101 : T’avais un Myspace ?

Alex : Je me suis inscris sur Myspace en 2006 pour ma page musique et du coup j’étais très souvent devant l’ordi. Myspace c’était un putain d’aimant, j’y passais des nuits entières… Quand tu as ta page musique avec tes chansons dans le player, tu veux forcément savoir le nombre d’écoutes que tu as eu dans la journée, les commentaires déposés etc…

101 : Je vois sur ta bio que c’est les mecs de Gonzaï qui te repèrent, ça s’est passé comment ? Tu les connaissais plus ou moins avant ou ils t’ont contacté via le web ?

Alex : Je n’avais plus de label et c’est donc par myspace que je faisais ma promo et pas seulement puisque j’y ai découvert une quantité de groupes, de chanteurs dont certains sont devenus des amis très proches et avec qui je travaille sur différents projets pour moi ou pour d’autres encore aujourd’hui. Via myspace je me disais que tout était possible, on me proposait de faire des concerts, de placer tel ou tel morceau sur des compilations en France comme à l’étranger, d’être diffusé sur des radios indés françaises, américaines, italiennes…

Pas besoin de faire ton propre site qui te coûtait une blinde, ta page myspace c’était ton site « officiel », ton lien sur le monde et de plus c’était ludique. C’est comme ça que le redac chef du webzine Gonzaï m’a découvert, m’a écrit un article et m’a programmé plusieurs fois dans leurs toutes premières soirées mensuelles avec des artistes comme Cheval Blanc, Damien, Alister, Romain Guerret du groupe Aline etc…

« Et je n’arrive toujours pas à comprendre

toutes ces photos de gens avec leur chat, je

crois qu’ils sont seuls ».

101 : T’es connecté sur Facebook ? I mean, j’ai vu que tu avais une page pour Alex Rossi et ton compte perso mais tu alimente ça comment ?

Alex : Vers 2008, tout le monde commençait à décamper sur Facebook, Myspace avait dégraissé sévère et techniquement ça devenait épouvantable mais j’y suis resté jusqu’en 2010 (je n’y vais plus depuis) avant de rejoindre mes camarades sur Facebook. En 2010 je venais de sortir un Ep « My life is a fucking demo » alors forcément je me suis fait une page musique que j’alimente régulièrement bien-sûr mais j’invite rarement des personnes à liker ma page, j’ai l’impression de leur imposer plutôt que de leur proposer. Je préfère que ça vienne d’eux, naturellement donc le nombre de « fans » sur Facebook je m’en fous un peu…Sur mon compte perso je partage pas mal de choses, bien-sûr la promo, l’actu musicale me concernant tout comme celle de mes potes écrivains, photographes, chanteuses, chanteurs, groupes etc…Je prends Facebook comme un outil de com’ avec un peu d’humanité dedans. La seule chose que j’essaie de m’interdire c’est de m’y connecter quand je rentre parfois à 4h du mat’, j’y résiste de mieux en mieux…

101 : En 2013, sur Born Bad, L’ultima Canzone

Vu que je suis plus parolier que compositeur je suis souvent devant l’ordi et je reste connecté pendant que j’écris des textes pour d’autres comme pour moi. C’est comme ça que je suis rentré en contact avec JB de Born Bad pour « L’ultima canzone ». Avec Romain Guerret (Aline) nous avions en tête ce projet tout en italien depuis un moment. Comme lui vit à côté de Marseille et moi à Paris, il m’envoie les mélodies, j’enregistre ma voix à Paname et je lui renvoie les fichiers  puis il finit les arrangements et le mix avec Arnaud Pilard (Aline) et me renvoie la bête via Wetransfer pour que je puisse faire le mastering. Nous n’avions aucune stratégie, aucun label pour ce projet rital, juste le plaisir de faire et partager quelque chose ensemble. J’ai branché mes potes réalisateurs Gautier&Leduc pour faire le clip puis je l’ai mis sur Youtube. Je voulais que les gens découvrent la chanson avec l’image. C’était une façon d’aller au bout du projet. Les gens aiment partager les clips sur les réseaux sociaux, les yeux adorent entendre. Et ça été beaucoup partagé. Puis « L’ultima canzone » a été relayé par Technikart, Magic et encore Gonzai. Un échange de messages sur facebook avec JB et le tour était joué, il a adoré et m’a proposé rapidement de sortir les 2 titres (avec « Ho provato di tutto » en face B) en digital mais surtout en 45 tours vinyle! C’est vraiment pour « la gloire » et pour l’objet, pas pour le fric… Mais on peut appeler ça un succès!

101 : J’ai l’impression qu’avec Jb (Wizz, le boss de Born Bad ndlr) vous véhiculez la même image, comme Gonzales un peu aussi, très critique vis à vis des prods d’aujourd’hui, défendant un peu une idéologie du bel artiste, un peu brut, pas le genre de mec qu’on voit derrière son ordinateur toute la journée, bref, tu l’envisage comment ton rapport aux technologies d’aujourd’hui ?

Alex : Je ne me considère pas comme un artiste du net, je ne sais que télécharger, c’est très basique, je ne suis pas curieux par rapport aux technologies, parfois un peu largué et je prends le train en marche…On m’a refilé un vieil Iphone 3 que j’ai même pas réinitialisé, je vais pas sur le net avec. J’ai un Tweeter où je balance un tweet tous les 3 mois. J’arrivais pas à envoyer des photos par mms, c’est un pote qui m’a débloqué l’option, c’est dire…Et quand j’ai besoin de comprendre un truc, je demande à mon fils.

101 : Est ce que tu te sens préoccupé par l’ère du tout numérique ? La loi de programmation militaire entre autre ?

Alex : Les enjeux du numérique je m’en tape un peu, la loi de la programmation militaire aussi, de toute façon nous sommes surveillés depuis le début, je suis pas un terroriste du moins pas encore…

Alex Rossi est dispo sur BandCamp, ICI et sur les catalogues de Born Bad Records & Auteur Maximum (Absolute Management).