Le français Bambounou, coqueluche de la scène parisienne, sort son deuxième album Centrum le 27 février 2015.

Certainement l’un des plus jeunes acteurs de la scène électronique française, Jeremy Guindo officie sous Bambounou depuis déjà plus de 5 ans et s’est déjà fait un doux nom auprès des plus grands (salut, Laurent Garnier !). Le temps où il sortait son premier EP « Animism » chez feu Yougunz semble être à des années lumière derrière lui tant son évolution fut fulgurante. Et s’il a changé de coupe de cheveux – Ciao les dreads – c’est aussi sa musique qui se structure de plus en plus. Centrum, sa dernière galette est signée sur le label berlinois 50 Weapons où le bonhomme officie, ni plus ni moins, aux côtés de pointures comme Modeselektor, Benjamin Damage et Cosmin TRG sans avoir à rougir.

Jérémy Guindo-Zegiestowski alias Bambounou reviendra en février prochain avec un nouvel album.
Jérémy Guindo-Zegiestowski alias Bambounou revient à la fin du mois avec un nouvel album.

Sur cet album, une musique à l’engrenage mature se déroule, presque acerbe et dresse, à son tour, le constat consternant du monde de demain. Vingt-cinq ans à peine tassés en ce bas monde et Bambounou ne rêve plus de cet ailleurs plus beau et plus doux comme il le faisait sur son précèdent opus Orbiting, sorti en 2012. Sur Centrum, il nous fait faire un tour vertical de la planète, accompagné par des mélodies basées sur la même structure. Unilatérale, comme l’itinéraire tracé algorithmiquement par un satellite qui n’aurait plus d’humains pour le contrôler. Il nous promène dans ce corps cybernétique qui serait bercé par une mélodie enivrante, obligeant l’humanité à se soumettre au diktat du code, avec joie, parfois comme sur l’idyllique « S.A.C » ou avec conscience et finalement dans une ambiance bien plus anxiogène sur le brutal « each other ». C’est l’un des rares moments où l’on entendra une voix d’homme, étouffée et soumise au rythme du métronome.

Définitivement, de ceux qui font la musique d’aujourd’hui, en nous racontant le monde de demain. Bambounou nous présente la bande-son vernie d’un monde aseptisée, aussi propre et froid qu’un bloc opératoire aux mains des robots.

Le minot un peu déluré au cheveux frivoles est disparu, laissant place à un artiste mature et inquiet, délaissant les rythmes ethniques et autres « rumbas endiablés » pour des entrepôts métalliques, dénués de moiteur humaine. Où qu’il aille, le boulot est fin, réalisé avec précision et avec une justesse devenue trop rare. Bambounou porte aujourd’hui l’étendard français aussi loin que dans les mauvais rêves de Rick Deckard.