Il y a quelques jours. Henan, province de Chine orientale. Guo Lingling, jeune fille de 19 ans décède après avoir été frappé pendant plusieurs heures puis laissée pour compte par ses instructeurs.

Il s’agissait d’une « session d’entraînement disciplinaire » faisant suite à un « accès non autorisé à la salle de bain ». L’autopsie réalisé sur le corps de Guo Lingling aura démontré qu’elle est décédée suite à des lésions cérébrales et crâniennes. (Rapport d’autopsie en Chinois -> ici).

Sa mort est le dernier fait d’arme des camps de désintoxication à internet. Ces camps militaires sont supposés guérir les millions de Chinois addicts à Internet. Depuis que la Chine a classifié l’addiction à Internet comme trouble mental en 2008, des milliers de parents envoient leurs enfants dans ces camps promettant une guérison par la manière forte, la discipline et le style militaire. Et afin de mener à bien cette mission des militaires formés et gradés ont été débauché de l’armée régulière. Il y aurait, selon le site d’information chinois Chinanews, entre 65 et 300 camps comme celui de Henan tournant à plein régime.

Celui de Guo, « Le Camps d’entrainement Zhengzhou Boqiang pour une Nouvelle Idée de Vie » est désormais fermé temporairement pour laisser place aux enquêteurs. L’institut promet aux parents sur son site officiel : « Notre objectif est d’ouvrir nos portes aux enfants perdus. De leur apporter le respect et les soins qu’ils méritent afin de les aider à devenir sain, heureux, intelligent et ouvert d’esprit. En somme, conduire les familles sur la route du bonheur et de l’harmonie. ».

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La qualité est un peu mauvaise, les photos ont été difficile à obtenir.

 Zhengzhou Boqiang a posté une photo d’étudiants avec pour commentaire : « En plein millieu d’un jeu joyeux »

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Mais les anciens camarades de Guo n’ont pas tout à fait la même version de l’histoire selon The Beijing News (témoignages en chinois sur  -> ce lien). Pour des infractions allant du fait de ne pas avoir plié ses couvertures suffisamment nettement à celui d’avoir regardé irrespectueusement un professeur, les étudiants ont été forcés de tomber plusieurs fois sur le visage ou le dos. Après sa « cure », un élève de 17 ans à déclaré : « Nous ne pouvons pas communiquer avec le monde extérieur. Même le courrier que nous envoyons à nos proches est vérifié et censuré par les enseignants au cas où nous dirions quelque chose de mauvais pour l’image du camps « . 

Lorsque la mère de Guo est venu réclamer le corps de sa fille, des élèves lui ont lancés des papiers avec pour seules inscriptions le numéro de téléphone de leur famille et un appel au secours.

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Un rapport publié dans le journal Chinois Legal Evening News détranclare avoir recensé au moins une douzaine de fois ce genre de violences physiques dans un camps similaire à celui de  Zhengzhou Boqiang. Sur ces douze cas, sept se sont soldé par la mort de l’élève. En 2009, un étudiant y a été battu à mort. Cette même année, le ministère Chinois de la Santé publique a sommé un hôpital de la province de Shandong de cesser d’utiliser les chocs électriques cérébraux comme traitement contre l’addiction à Internet. Le même hôpital avait déclaré l’avoir utilisé sur déjà 3000 de ses patients cyberaccros.

La reconnaissance de l’addiction à Internet comme véritable trouble mental fait encore débat. Les Etats-Unis viennent d’ailleurs d’ouvrir, il y a quelques mois, en Pennsylvanie leur premier centre de rééducation à l’après dépendance numérique.  Les producteurs d’un documentaire édifiant sur ces cures de désintoxications un peu spéciales ont déclarés dans un édito :  » Dans de nombreux cas, il semble que les parents eux mêmes blâment l’Internet pour le frein au développement social qu’il représenterait selon eux. Les problèmes comportementaux des enfants justifieraient ce genre d’interventions « .

Le parent d’un des élèves du camps de Zhengzhou Boqiang assure être maintenant à la recherche d’un nouveau centre pour son fils Fu Xiaokai, qui, selon ses dires, est retombé dans son addiction depuis la fermeture du camps. Le père de Fu à déclaré : « Cela serait quand même bien si ils n’étaient pas si fort dans leur punition ». Oui Monsieur Xiaokai. En effet.