Chaque année, le magazine d’architecture eVolo organise un concours récompensant des concepts innovants.

Le gagnant de l’édition 2017 est le Mashambas Skyscraper. C’est une ferme verticale où les plantes poussent à travers un fin tissu organique. Leurs racines reçoivent un brouillard d’engrais biologique et la lumière vient de LED. Ce concept pourrait produire assez de nourriture pour toute une ville de l’Afrique subsaharienne. L’immeuble pourrait même être démontable et ainsi facile à déplacer de ville en ville où il y aurait besoin d’infrastructure de production alimentaire.

Les architectes Pawel Lipiński et Mateusz Frankowski prennent la pose.

Imaginée par les architectes polonais Pawel Lipiński et Mateusz Frankowski, la tour produirait la nourriture dans les étages du haut, tandis que les étages juste en dessous seraient consacrés au semis des graines dans l’engrais. Les autres étages pourraient être aménagés en classe scolaire, bureaux pour les médecins et même un « aéroport » pour drones aurait sa place. Ces derniers seraient en effet essentiel pour distribuer la nourriture dans les zones rurales et difficile d’accès. Par ailleurs, le rez-de-chaussée de l’immeuble comprendrait un marché en plein air où les agriculteurs viendraient vendre leurs récoltes.

Construit avec des pièces modulables, la tour Mashambas serait transportable. Mais les architectes ne précisent pas combien de temps prendrait la déconstruction et reconstruction de l’édifice. (Source : Evolo)

« L’objectif principal de notre projet est de faire profiter les populations pauvres de la révolution écologique « , explique le duo d’architectes polonais. « Un tel outil permettant de réunir des conditions favorables à la pousse des semis offrirait une opportunité énormes aux agriculteurs locaux » ajoutent-ils.

Le nom de l’édifice Mashambas signifie : terre cultivée en Swahili — une langue parlée par près de 50 millions de personnes dans l’Afrique de l’Est.

 

« Quand les agriculteurs augmentent leurs récoltes, ils se retirent de la pauvreté. Ils commencent alors à produire en excédent, ce qui permet d’alimenter les populations voisines. La base d’une société prospérante, c’est l’agriculture. Si on donne des moyens aux agriculteurs locaux, ils seront en mesure d’éradiquer la famine », martèlent les concepteurs de la Tour.

Anticiper les effets de la surpopulation de la Terre

Bien que la part d’africains vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 56% à 43% de 1990 à 2012, beaucoup de personnes restent pauvres et souffrent de la famille à cause de la surpopulation, selon un rapport de la Banque Mondiale.

Ce que l’on observe aujourd’hui en Afrique va devenir un phénomène globale d’ici 2050 estime les scientifiques. « La population mondiale va atteindre les 9 milliards et cette surpopulation de la planète va déclencher une pénurie alimentaire », alertent les architectes polonais. Ils estiment que les terres agricoles fécondes de l’Afrique pourraient servir à nourrir le continent africain mais aussi le reste du monde.

La construction d’un module.

 

Récompensé le 10 avril, le projet de la Tour Mashambas a été choisi parmi 400 autres projets. Bien que les concepteurs n’aient pas donné de nom de ville prête à accueillir un tel édifice, ils estime qu’une ville au sud du désert du Sahara serait l’idéal. Si ce concept semble (malheureusement) idéaliste, il offre néanmoins des perspectives très intéressantes à explorer pour les fermes du futur.

Découvrez le magazine Evolo qui a organisé ce concours 👇