A travers une conférence sur le site de l’Université Libre de Bruxelles, Edwy Plenel a présenté aux étudiants belges son idée de l’engagement.

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Pour rappel, Edwy Plenel est un journaliste politique qui fut directeur de rédaction au journal Le Monde de 1996 jusqu’à 2004, où il dépose sa démission. Quatre ans plus tard, il crée son propre journal sur Internet : Mediapart. Ce pure-player basé sur l’investigation politique aura notamment joué un rôle-clef dans la révélation de l’affaire Bettencourt ou plus récemment dans l’affaire Cahuzac.

MediapartAlors que la plupart des spectateurs s’attendaient à voir apparaître un show-man qui allait nous exhorter avec un discours gauchiste, qui allait nous inciter à vite nous engager, à nous investir dans cette société qui n’attendait que nous, jeunes générations, pour changer le cours de l’histoire, c’est finalement sans grands éclats que s’est déroulée cette manifestation.

Assis derrière son bureau du début à la fin, Edwy Plenel nous a étonnés par son discours  digne d’un universitaire. Tout du long, le conférencier nous a cité auteurs, poètes, personnages et livres célèbres afin de nous montrer l’engagement de ces-derniers, et ce en commençant par Montesquieu et ses Essais. Passant ensuite à travers l’histoire, il s’arrêtera chez La Boëtie et Rousseau, mais également chez Robespierre, puis faisant un bon dans l’histoire, par Apollinaire et enfin Jaurès. Et au vue de cet ensemble, Edwy Plenel nous aura fait comprendre son amour pour la démocratie. Après tout, son métier de journaliste le place au rang de « quatrième pouvoir » dans une démocratie.

A ce stade là de l’article, vous me direz pourquoi faire un papier sur les convictions d’Edwy Plenel s’il n’est même pas question de numérique ?

Nous y voilà ! Selon Plenel, nous vivons un moment charnier de l’Histoire. Une période qui serait comparable à la Renaissance. Comme aujourd’hui, le XVIème siècle était une époque difficile, en crise, où régnait encore le chaos laissé par le Moyen-âge, ses massacres et ses grandes épidémies. C’est donc un temps de transition entre de nouveaux progrès, de nouveaux droits, de nouveaux possibles et les crispations, les régressions, les replis.

Mais Plenel refuse de croire en ces régressions que l’on voudrait nous faire adopter ; de force… Il ne croit pas en ce discours  assommant sur la « crise ». Au contraire il croit aux solutions alternatives. Et celles-ci ne peuvent venir que de la société civile qui a les moyens de s’exprimer sur la Toile. Il prendra là l’exemple de Mediapart qui laisse la parole à ses abonnés et ce sans contrôle a priori, sans censure, à travers l’espace « Le Club ».

Il terminera son discours en évoquant la puissance que nous avions tous entre les mains de nos jours, grâce aux Smartphones. Jamais un espace de communication si restreint, ne nous aura permis de nous exprimer aussi facilement, et surtout de manière extrêmement rapide. Ainsi, toujours dans son idéal démocratique, les Smartphones seraient la possibilité pour chacun de nous, de faire valoir nos droits, nos idées ou nos sensibilités. Il ne manquera tout de même pas de parler des dérives, évoquant notamment l’utilisation des médias alternatifs par les terroristes de l’Etat Islamique. Mais selon lui, c’est avant tout un moyen d’expression bénéfique au bon fonctionnement de notre société.

Ainsi, si vous souhaitez adopter l’idéologie « Mediapartiste », il ne vous reste plus qu’à reprendre votre liberté d’expression et ne jamais hésiter à vous exprimer sur quelque sujet que ce soit. Internet semble donc l’endroit tout indiqué pour faire cela. L’idéal démocratique devrait ainsi renaître, façon Edwy Plenel.

Plenel Magnum