D’après une étude réalisée par deux chercheurs de l’Université de Princeton, la mort de Facebook est proche. Le réseau social devrait perdre 80% de ses utilisateurs entre 2015 et 2017, mais Mark Zuckerberg ne semble pas être du même avis et compte encore gagner du terrain sur le web et dans nos vies personnelles.

 
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La concurrence dans la poche

Facebook l’a compris, afin de perdurer dans le temps, il est aujourd’hui nécessaire de se diversifier et d’offrir différents services aux utilisateurs. C’est dans cette optique que l’entreprise américaine a décidé d’acquérir de nouvelles applications telles que Instagram et Whatsapp pour 745 millions et 19 milliards de dollars. Si les sommes peuvent paraître astronomiques, le réseau social a, lui, beaucoup à gagner.
Tout d’abord, l’achat de l’application de partage de photos Instagram permet à Facebook de garder une main sur ce domaine. De nombreuses polémiques ayant éclatées à propos de la politique de confidentialité de Facebook, beaucoup d’utilisateurs se sont tournés vers d’autres moyens de partage. L’ayant compris, le réseau social n’a donc pas tardé à proposer une offre d’achat rapidement acceptée par la start-up. Cette acquisition a notamment impliqué un changement des conditions générales d’utilisations permettant d’exploiter à des fins commerciales toutes photos postées.

Ensuite, avec Whatsapp, Facebook gagne un nouveau marché : celui de la téléphonie mobile. L’application en question s’est développée avec une rapidité remarquable et est la première alternative aux SMS en Europe, notamment dans les pays où les SMS illimités ne sont pas disponibles comme par exemple l’Espagne (97% des smartphones équipés) et l’Allemagne (84%) En achetant Whatsapp, c’est un annuaire téléphonique extrêmement conséquent que s’offre Mark Zuckerberg ; à chaque inscription, il gagne non seulement les coordonnées de l’utilisateur, mais en plus ceux de tous ses contacts. Des données particulièrement précieuses et personnelles.

On en a moins entendu parler, mais Facebook est aussi aujourd’hui en possession d’une autre application d’origine finlandaise qui va lui apporter beaucoup, et ce, notamment au niveau de la géolocalisation. Cette application en question c’est « Moves ». Créée pour les fan de fitness, elle est en capacité d’emmagasiner des informations très précises sur les déplacements de ses utilisateurs et leurs données physiques. Qui on est, où on va, quand, combien de temps, comment on y est allé (en voiture, en vélo, à pied…). Bref, Moves (donc Facebook) sait absolument tout de nos habitudes. Suite à l’achat, les conditions générales d’utilisations qui stipulaient une demande préalable d’autorisation d’exploitation des données ont alors été changées. Ces dernières peuvent donc désormais être utilisées à des fins commerciales.

En résumé, grâce à ses derniers achats, le réseau social est en possession d’une banque de photos, d’un annuaire téléphonique conséquents, et de données personnelles importantes sur chacun de ses utilisateurs.

En interne, le développement de fonctionnalités importantes

Facebook n’a pour autant pas l’intention de s’arrêter là. En interne, des fonctionnalités importantes sont en en développement.

Nearby Friends est l’une d’entre elles. Le principe est d’avoir la possibilité de savoir où se trouvent nos contacts au mètre près. Lorsqu’un utilisateur active Nearby friend, il accepte d’être géolocalisé et repéré par ses « amis ».

En développement, il y a aussi « Deepface ». C’est un logiciel qui est en capacité d’identifier un visage avec une précision de 97,25% (la précision humaine est de 97,53%), qu’importe la luminosité ou l’angle. Ainsi, Facebook pourra bientôt de proposer une identification plus précise des photos mise en ligne.

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Une autre fonctionnalité déjà en activité aux Etats-Unis depuis 2010 est le bouton « I’m a voter » (ou « J’ai voté » en français). Ce dernier permet d’informer son carnet d’adresse Facebook qu’on a bien effectué son devoir de citoyen. Il devrait être mis en application en Europe pour les élections européennes à venir.

Il y a aussi le tout nouveau bouton « Ask » dont le but est de pousser les utilisateurs à se demander leurs informations personnelles. On peut alors à pousser ses amis à divulguer leurs informations intimes sur Facebook lorsque ce n’est pas déjà fait.

Enfin, d’après le Financial Times, Mark Zuckerberg a l’intention de développer un système monétaire au sein de Facebook. L’Irlande est en charge de délivrer l’accord d’exploitation. Une fois obtenu, le réseau social sera en capacité d’attribuer et de gérer de la e-monnaie. Il sera possible d’effectuer des transactions monétaires qui pourront être retirées en espèces.

Ces différentes fonctionnalités vont ainsi permettre à Facebook d’étendre son champ d’action et d’avoir une multitude d’informations sur ses 1,23 milliards d’utilisateurs actifs.

Le réseau social veut être beaucoup plus que ce qu’il est déjà, c’est à dire être vu et considéré comme une multiplicité d’applications diverses. L’achat récent du périphérique informatique de réalité virtuelle « Oculus Rift » lui permet en plus d’entrer dans le marché des jeux vidéos.  Ainsi il dépasse la dimension du simple réseau social, et devient en plus un réseau de partage de photos (Instagram), un annuaire (Whatsapp), un site de rencontre (fonctionnalité Ask), une banque, une plate-forme de jeux vidéos, un moyen de sondage (bouton « J’ai voté »), tout en sachant où on se trouve, ce qu’on aime et ce qu’on fait.

Facebook veut être partout, tout le temps et tout savoir, et ce dans un but purement monétaire. En effet, les données récoltées sont utilisées à des fins commerciales, plus particulièrement au niveau des publicitaires. Ce sont plus de 80% des revenus de Facebook proviennent de la publicité en ligne. En ayant des données personnelles, il offre la possibilité d’effectuer des campagnes particulièrement ciblées.

Cependant, selon le premier rapport de transparence paru le 27 août 2013, plus de 70 gouvernements demandent des informations au réseau social, qui les fournit dans près de 80% des cas. La question de l’utilité réelle de cette récolte de données peut donc se poser.

Facebook deviendrait donc, peu à peu et sans le cacher, le vrai « Big Brother » des temps modernes.