Certains d’entre vous en ont sûrement entendu parler au cours des derniers mois :  Goldie Blox est une marque de jeux pour enfants qui a le jouet en poupe. Et pour cause, c’est une des seule marques proposant aux petites filles des jeux d’ingénieurie, en gros, de constructions et de réflexion. Ciao Barbies et autres poupées moches à paillettes, les Goldie Blox prennent les petites filles aux sérieux et font sérieusement bouger le monde du jouet.

Petit retour en arrière

En 2013, Goldie Blox sort son clip « Girls »  réalisé par Beau Lewis, le directeur artistique de l’entreprise. Sur la chanson « girls » des Beatie Boys, ce clip ne tarde pas à faire parler de lui et 8 millions de personnes, en quelques semaines, se pressent pour voir la vidéo.
On peut y voir trois petites filles, fatiguées des publicités de princesses et poney roses filmées  en un plan séquence de 3mn. GoldieBlox réussit à nous faire visiter le patté de maison grâce à l’ingéniosité de ces trois gamines qui retourne le décor à leur sauce.
Succès garantie pour le clip, c’est entrainant, c’est mignon, et l’idée de jeux qui ne prennent pas les filles pour des demeurés font adhérer massivement les internautes.
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(Pour revoir la vidéo :
Sauf que, forcément, il y a une paillette dans le potage. Le groupe des Beastie s’empare du dossier et s’oppose fermement à ce que sa chanson soit utilisée dans une publicité commerciale. Goldie Blox, aussitôt, assigne le groupe en justice, réclamant leur droit à la parodie, car parodie il y a : la chanson Girls, tiré du cultissime album Licenced Ill n’est pas à la base très féministe. Voici pour preuve, un extrait des paroles  « Girls – to do the dishes, girls – to clean up my room, girls – to do the laundry, girls – and in the bathroom », à comprendre « Les filles, pour faire le ménage, les filles pour nettoyer ma chambre, les filles pour faire le linge et la salle de bain ».

En reprenant la chanson avec des paroles plus positives et un poil plus sympa, Goldie Blox tord le cou aux idées reçues : « les filles construisent des navettes spatiales », « les filles développent une nouvelle appli ». En bref, oui, les filles ont aussi le droit de construire des trucs cools au lieu de coiffer des poneys et changer les chaussures des Barbies (on s’en prend aux Barbies, ok , mais elles ne font pas beaucoup d’efforts non plus).

Sauf que non, les Beastie ne voudront pas céder, et la chanson Girls ne sera pas utilisée dans le clip de Goldie Blox (à notre plus grand malheur à tous). Depuis, la vidéo tourne encore, bien sûr, mais a dû changer de rengaine.
Buzz étant fait, il était quand même temps de s’intéresser de plus prêt à cette start up Américaine, et de vanter une fois de plus les bienfaits du crowfouding. Parcequ’ évidemment, sans internet, Goldie Blox n’aurait pas eu autant d’échos.
C’est sur la plateforme Kickstarter que tout démarre : ce site de crowfounding lancé par une jeune équipe de Brooklin permet à ceux qui ont un projet bien ficelé, de récolter des fonds des internautes emballés. A l’époque, Debbie Sterling, sort de Stanford où elle obtient son diplôme d’ingénieur, et lance la marque sur Kickstarter, l’aidant à financer son projet. Sur 150 000 dollars demandés, en sont récoltés en octobre 2012 presque 290 000. Un succès énorme qui lui permettra de réunir une équipe et lancer son idée.
Aujourd’hui Goldie Blox est présente dans de grands magasins de jouets et de nouvelles vidéos montrent toujours plus de fillettes les mains dans l’cambouis.
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Une histoire de chiffres
Ce n’est pas une mince affaire, que de se lancer dans des jouets de constructions comme le fait Goldie Blox. Mais le constat est sans appel : aujourd’hui, dans le monde, seulement 13% des femmes sont ingénieurs. On nous apprend également que dès l’âge de 8 ans, les filles commencent à se désintéresser aux maths, sciences, et autres matières scientifiques. Et les clichés ont la vie dure : qui n’entend pas encore en 2014 l’expression « jeux de garçons » ? Quand aux catalogues de jouets, nous trouvons toujours des pages bleues et roses, pour bien marquer le territoire poupées/cuisinières d’un côté, légo/K’nex et voitures de l’autre.
Ce sont donc toute une équipes de créatifs, d’ingénieurs, d’inventeurs qui se mettent aux travail pour satisfaire les méninges des petites filles, toujours dans la même optique : arrêter de les prendre pour des princesses.

Combler le fossé entre les deux sexes, en matière de technologie
Si Debbie Sterling s’occupe de lancer sa marque, c’est une tout autre femme, Reshma Saujani, qui marque les esprits à la même époque. Elle lance le programme « Girls Who Code » partant du constat qu’il existe un véritable fossé entre les sexes dans le domaines des technologies. Les filles ne seraient que trop peu impliquées dans les matières scientifiques et informatiques bien que 74% d’entres elles, au lycée, affirment vouloir apprendre. Autre constat, en 1984 aux Etats Unis, 37% des diplômés en informatique sont des femmes, contre 12% en 2012.

« Girls Who Code » ouvre donc plusieurs stages d’été aux états unis, et c’est une vingtaine de filles qui sortent la première année avec un diplôme de compétences informatiques. Le but ? démocratiser l’apprentissage du code, permettre de casser encore une fois les clichés établis entre hommes et femmes, diffuser massivement dans les lycées des « clubs de code » et permettre aux femmes de la futur génération d’occuper des postes en informatique à travers le monde. Pour info, en 2011 en France, seulement 2 ingénieurs en informatique sur 10 sont des femmes.

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