Plus qu’une simple vue de l’esprit, la prégnance des robots dans notre vie quotidienne est une réalité et on ne vous apprendra rien en vous disant qu’elle tend à le devenir encore un peu plus. Mais est ce que ces robots sont capables de nous apporter l’aide que l’on attend d’eux ? Jusqu’à quel point espérons nous que ces machines nous aide ?

Odi, le hubot défectueux de Lennart dans la première saison de Real Humans
Odi, le hubot défectueux de Lennart dans la première saison de Real Humans

Ce sont quelques unes des question que Lars Lundström et sa série Real Humans soulève. On en profite pour vous dire que la saison 2 débarque sur les écrans d’Arte le 15 mai et nous étions à l’avant première, ça va pas mal défoncer qu’on se le dise entre nous.

Mais il n’y a pas que Lars qui imagine un monde fait de robots, Amazon envisage de vous livrer avec des drones, les Etats-unis fabriquent des robots de guerre et Google imagine des robots d’apparence humaine ou des voitures sans conducteur.

C’est ce genre d’avancée qui fait peur alors que l’on accepte l’intelligence artificielle sans trop de problèmes. Elle planifie déjà l’emplacement des produits dans un magasin ou certaines missions militaires. Les algorithmes ou la gloire du pragmatisme maitrise la pensée. L’influence des machines est déjà notable dans notre société moderne mais quand est il des Humanoïdes ?

image_02_romeo_debarasse_def

Ils s’apprêtent à devenir indispensable vu le vieillissement de la population occidentale mais les gens restent effrayés à l’idée qu’ils puissent se substituer à une aide humaine. Ce n’est pas à un robot que l’on aura envie de raconter ses déboires du bal de 38, à priori. On a cette vielle hantise et représentation du robot qui veut s’immiscer dans nos interactions mais c’est faux, archi faux. Ils vont créer de l’interaction et nourrir le lien avec les personnes isolés. Ce ne sera qu’un lien entre au moins deux humains qui n’auraient jamais pu échanger de telle manière sans le robot, ne vous inquiétez pas, les robots loin d’être prêts à avoir des coeurs et une conscience.

Faire des selfies avec un robot, tellement méta.
Faire des selfies avec un robot, tellement méta.

Si on persiste à les craindre, c’est parce que plus un robot est similaire à un être humain, plus ses imperfections nous semble monstrueuses. On appelle ça la « Vallée de l’étrange« . C’est la théorie développée par Masahiro Mori en 1970.

Ce serait la même crainte que celle que nous avons devant un mort ou un malade. C’est un peu comme la peur des zombies, les personnages de The Walking dead sont effrayants, pourtant, ils nous ressemblent et ont une forme humaine. Ceci étant, ils ne respirent pas, marchent de manière étrange, ils ont une couleur de peau chelou … Pour faire court, si un robot de ressemble pas parfaitement à un être humain, il ressemblera à un zombie.
Notre réponse émotionnelle sera négative et sera encore accentuée par le mouvement des personnages. Mais Masahiro Mori n’a jamais présenté de données ou de chiffres pour étayer cette hypothèse.

Cynthia Breazeal, directrice du Personal Robots Group au MIT, affirme : « il n’a pas de preuve scientifique, c’est quelque chose d’intuitif ». C’est pourtant sur cette théorie que se base l’excellent jeu des acteurs de la série Réal Humans. On y revient, mais pour développer leur rôle Lars Lundström explique qu’il leur a demandé de se gratter le nez quand il n’en avait pas envie, de froncer les sourcils ou de hausser les épaules soudainement. Le but était de se réapproprier tous les petits gestes et tics qui font de nous des humains singuliers et de créer ce malaise en les dénaturant.

Une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Ayse Pinar Saygin de l’Université de Californie à San Diego, a voulu savoir si la sensation de malaise était causée par quelque chose de plus profond dans notre cerveau.

L’étude par IRM fonctionnelle (IRMf) est publiée dans le Oxford University Press Journal Social Cognitive and Affective Neuroscience. Elle suggère que ce qui peut se passer serait dû à un décalage de perception entre l’apparence et le mouvement.
Les chercheurs ont testé 20 sujets âgés de 20 à 36 ans qui n’avaient aucune expérience du travail avec des robots.
Au cours de l’expérience, trois vidéos ont été présentées aux sujets pendant que leur cerveau était soumis à une IRMf. La première montrait de vrais humains avec un aspect biologique et avec un mouvement humain ; la deuxième, un robot à l’apparence mécanique et avec un mouvement mécanique ; et la troisième, un humanoïde, avec un mouvement mécanique identique à celui d’un robot.

Ce qui se passe dans notre cerveau quand les robots ressemblent trop à des humains
Ce qui se passe dans notre cerveau quand les robots ressemblent trop à des humains

Les chercheurs ont remarqué que la réponse du cerveau la plus nette s’est produite au visionnage de l’humanoïde. En le voyant, le cerveau s’est « illuminé ». L’étude précise que « les modifications observées se situent dans la région du cerveau qui connecte le cortex visuel (qui gère les mouvements) avec le cortex moteur, qui contient les neurones d’empathie (ou neurones miroirs), gérant nos capacités à percevoir les émotions. »
Le cerveau n’arriverait pas à faire le lien entre l’apparence robotique et les mouvements humains.

Le cerveau ne semble pas tant se soucier de l’apparence biologique ou du mouvement biologique en soi. En cherchant une harmonie entre ce qu’il suppose voir et ce qu’il voit, il cherche tout simplement une observation logique.
En d’autres termes, si cela ressemble à un être humain et se déplace comme un être humain, notre cerveau est content. Si cela ressemble à un robot et agit comme un robot, notre cerveau est tout aussi content.
Le problème se pose lorsque l’apparence et le mouvement sont en désaccord. Ce qui est le cas de l’humanoïde.

Ils sont nombreux à exploiter ce malaise que l’on a du mal à définir. La star japonaise de la robotique Hiroshi Ishiguro s’en amuse et a même crée son double en robot. Il se fait même le kiffe de l’envoyer répondre à ses interviews sur les plateaux télé non sans émoi, il était arrivé qu’il réponde à des journalistes avant de s’éteindre subitement basculant son corps en arrière et en ouvrant la bouche, agonisant.

Cette confusion des genres entre l’homme et la machine devrait signer le grand retour de l’hashtag #genrisme, c’est le débat qui couvrira nos timelines en 2030.

Bon, c’est le moment de vous présenter Roméo, il mesure 1,40m et a été développé par la start-up parisienne Aldebaran Robotics. Je vous laisse faire connaissance.


Le Robot humanoïde Romeo par 01net