Deux médecins toulousains, en collaboration avec le laboratoire de recherche de l’université d’Albi, ont mis au point le premier « serious game » destiné au secteur médicinal. Si le prototype est développé afin d’améliorer les réflexes au bloc, n’assisterions-nous pas à une nouvelle avancée du monde du numérique sur le monde des hommes ?

Hal 9000, un robot sympa.
Hal 9000, un robot sympa.

Parce que oui, si ici, en l’occurrence, ce programme reste anodin puisqu’il n’a qu’une simple vocation formative pour les étudiants en médecine, chez 101 touches, on voit loin. Actuellement, le jeu que nous appellerons Hal (prend ça, Kubrick) vise à limiter les erreurs commises, le plus souvent due à un manque de communication où à des erreurs de matériel. Les joueurs, connectés simultanément, coopèrent en temps réel, se délectant ainsi d’une expérience virtuelle au bloc opératoire. Chaque partie du corps médicinal est prise au sérieux puisque les protagonistes pourront incarner au choix un chirurgien, un anesthésiste et deux infirmiers. A savoir que si quatre personnes ne peuvent être réunies pour jouer, l’intelligence artificielle du jeu se chargera de faire évoluer le ou les personnages

Un pas en avant dangereux ?

Pour résumer, le principe est simple : former les étudiants en médecine afin de commettre moins d’erreurs au bloc. Certes, ce n’est pas la première fois qu’un jeu vidéo est mis au point et utilisé dans un but éducatif. Néanmoins ici, notre Hal national fait office de chargé de travaux dirigés, en proposant une mise en pratique de choses abordées en cour. Il remplace donc quelque part un professeur, ou du moins un intervenant. En ces temps où les machines remplacent de plus en plus les hommes au travail, cela n’était jusqu’à présent que pour des activités comme la caisse d’un supermarché, de la manutention ou de l’assemblage. Des activités manuelles nécessitant peu de ressources pour un robot. Mais ici, on parle d’un programme recréant un univers médicinal, assez intelligent pour reproduire à l’identique une scène de bloc opératoire, le tout pour enseigner à des étudiants l’attitude et les réflexes à détenir dans une salle d’opération. Compte tenu de la vitesse à laquelle le progrès vogue, il n’est pas impossible d’imaginer que notre Hal prenne un jour le contrôle d’une opération, ou qu’il la réalise lui-même.

Will Smith ne se laissera pas faire, lui.
Will Smith ne se laissera pas faire, lui.

La question est donc de savoir si nous nous dirigeons vers un monde où les robots et autres technologies que le futur nous réserve prendront part à des activités qui nécessitent un bagage intellectuel particulier, comme des opérations chirurgicales, où s’ils seront toujours cantonnés à des tâches plus anodines. En tous les cas, cette avancée est une nouvelle porte ouverte au progrès numérique et à l’innovation. A vous, les inventeurs mais s’il vous plait, faites pas les fous, gardez les sous contrôle. C’est notre cursus I Robot / 2001, l’odyssée de l’espace qui vous le dit.